31.03.2011

...et si on allait au spectacle !

 


Le dimanche 10 avril 2011 à 16 heures, en

l 'Église Saint Paul - 26, Avenue de Pessicart,  à Nice

le Comité de Quartier du Parc Impérial coproduira avec l'Association ACCRORGUE

un concert caritatif

au profit des sinistrés de la région de Sendai au Japon

une opération destinée à saluer la dignité exemplaire des sinistrés et à répondre dans la mesure de nos moyens aux besoins immenses que nécessite la situation.

Participation libre avec un minimum de perception de 10 €.

Concernant la recette, elle sera versée sur un compte spécifique ouvert par le Consulat Général Honoraire du Japon à Monaco que nous avons par ailleurs sollicité afin qu'une présence officielle ajoute à la symbolique de l'événement.

Merci d'en parler autour de vous et surtout de venir nombreux. Vous participerez à une bonne action tout en assistant à un spectacle de qualité...

alors, pourquoi s'en priver !

 

 


 

 

23.02.2011

Non merci...

 

 

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CYRANO , saluant d'un air goguenard ceux qui sortent sans oser le saluer

Messieurs... Messieurs... Messieurs... 

LE BRET, désolé, redescendant, les bras au ciel

Ah ! dans quels jolis draps... 

CYRANO

Oh ! toi ! tu vas grogner !

LE BRET

Enfin, tu conviendras

Qu'assassiner toujours la chance passagère, 

Devient exagéré. 

CYRANO

Eh bien oui, j'exagère !

LE BRET, triomphant

Ah !

CYRANO

Mais pour le principe, et pour l'exemple aussi, 

Je trouve qu'il est bon d'exagérer ainsi. 

LE BRET

Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire, 

La fortune et la gloire... 

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CYRANO

(vers 8) Et que faudrait-il faire ?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron, 

Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc

Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce, 

Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ?

Non, merci ! Dédier, comme tous ils le font, 

Des vers aux financiers ? se changer en bouffon

Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre, 

Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?

Non, merci ! Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ?

Avoir un ventre usé par la marche ? une peau

Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ?

Exécuter des tours de souplesse dorsale ?... 

Non, merci ! D'une main flatter la chèvre au cou

Cependant que, de l'autre, on arrose le chou, 

Et donneur de séné par désir de rhubarbe1, 

Avoir son encensoir, toujours, dans quelque barbe ?

Non, merci ! Se pousser de giron en giron2, 

Devenir un petit grand homme dans un rond, 

Et naviguer, avec des madrigaux3 pour rames, 

Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?

Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy4

Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !

S'aller faire nommer pape par les conciles

Que dans des cabarets tiennent des imbéciles ?

Non, merci ! Travailler à se construire un nom

Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non, 

Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes5 ?

Être terrorisé par de vagues gazettes6, 

Et se dire sans cesse : "Oh ! pourvu que je sois

Dans les petits papiers du Mercure François" ?... 

Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême, 

Préférer faire une visite qu'un poème, 

Rédiger des placets7, se faire présenter ?

(vers 42) Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter, 

Rêver, rire, passer, être seul, être libre, 

Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre, 

Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers, 

Pour un oui, pour un non, se battre, - ou faire un vers !

Travailler sans souci de gloire ou de fortune, 

À tel voyage, auquel on pense, dans la lune !

N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît, 

Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit, 

Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles, 

Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !

Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard, 

Ne pas être obligé d'en rien rendre à César, 

Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite, 

Bref, dédaignant d'être le lierre parasite, 

Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul, 

(vers 58) Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

 

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LE BRET

Tout seul, soit ! mais non pas contre tous ! Comment diable

As-tu donc contracté la manie effroyable

De te faire toujours, partout, des ennemis ?

CYRANO

A force de vous voir vous faire des amis, 

Et rire à ces amis dont vous avez des foules, 

D'une bouche empruntée au derrière des poules !

J'aime raréfier sur mes pas les saluts, 

Et m'écrie avec joie : un ennemi de plus !

LE BRET

Quelle aberration !

 

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CYRANO

Eh bien ! oui, c'est mon vice. 

Déplaire est mon plaisir. J'aime qu'on me haïsse.

 

Michelle

 

05.01.2011

Le nom de ma rue.


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C'est une voie qui débute à la rue des Potiers, très étroite et qui se termine en cul-de-sac.

Après quelque 40 mètres, il y a un coude de 13 m de long et on arrive à une placette, que les habitants du quartier ont toujours appelée "la cour". Autrefois, avant le goudronnage, il y avait là une très belle fontaine. Le dimanche un accordéoniste jouait devant la fontaine, entouré de spectateurs du quartier, enthousiastes et assidus.

janvier 070.jpgLa rue se termine 50 m plus loin, en impasse, donc sans sortie aucune. Par contre, la placette débouche sur une volée de marches: cet escalier de belles dimensions permet aux piétons -et à eux seulement- de rejoindre la rue Caffarelli qui se trouve à un niveau supérieur. L'escalier a de tous temps été le lieu de prédilection des jeunes: ils y 'stationnent', assis sur les marches, et refont le monde !

Cette voie, ornée de vasques où s'épanouissent fougères, plantes grasses et cactus, est un îlot préservé tout à fait étonnant: on se croirait dans une rue de village, très verte et fleurie en été, loin du bruit (hormis le doux chant des oiseaux) et de la pollution, alors qu'on se trouve en plein centre-ville! En effet la surprenante rue du Colonel Musso est cernée d'une part par le carrefour très bruyant de la place St Philippe -avec les sorties et entrées de la voie rapide-, les rues Caffarelli et ,à la circulation très dense, et d'autre part par l'avenue des Fleurs en contrebas et le boulevard François Grosso.

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En tout début de la rue, la partie supérieure de la première maison est ornée d' une large frise décorative représentant des paniers de fleurs, de fruits, des oiseaux et autres motifs. De très belles ferronneries protègent les fenêtres, et une rangée d'arbres, sapin, avocat et autres arbres fruitiers non taillés complètent le décor. En face, on peut admirer une autre maison 'niçoise', précédée d'un espace planté d' orangers, avec une superbe bougainvillée (ou un bouganvillier, au choix !), des parterres de grandes marguerites charnues et surtout une très large et profonde tonnelle de rosiers. Un palmier majestueux trône au centre du jardin suivant. Plus loin ce sont trois palmiers regroupés qui font le charme d' une propriété.

 

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Autour de la placette ou "cour" s'étendent d'autres espaces verts, avec principalement des citronniers et surtout des bigaradiers (fruitiers à oranges amères utilisées pour la confiture) . Des bacs de plantes et de fleurs décorent ici et là les fenêtres où du linge sèche au soleil et au vent.

 

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La rue bourdonnait d'activité au 19e siècle et au début du 20e: elle abritait les fiacres et les écuries de chevaux. Le plus ancien habitant né en 1920 dans la maison familiale où il vit encore raconte cet épisode: tout jeune enfant il avait vu abattre un cheval qui avait une cheville cassée. Les écuries sont devenues des garages, cependant sur une façade on voit encore une sculpture de tête de cheval (grandeur nature) qui émerge du mur.

Une crise financière a eu un effet providentiel pour la rue, qui a échappé de justesse à sa démolition : la ville avait émis l'intention saugrenue d'y créer une Zone d'Activité Commerciale ou ZAC…
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Nous avons longuement interrogé Clotilde, née dans les années 20 au coin de la rue des Potiers et de la rue Colonel Musso: dotée d'une mémoire exceptionnelle, Clotilde nous a confié de précieux souvenirs, et des renseignements de grande précision, car non seulement elle a passé toute son enfance dans ce coin préservé, mais elle a ensuite occupé pendant des décennies un appartement situé 33 rue Caffarelli, dont les fenêtres arrière donnaient droit sur la rue Colonel Musso.

Il existait une "épicerie" dans la rue Colonel Musso, juste avant la placette, tenue par un certain Charles Biestro: tout le quartier s'y approvisionnait, et appelait affectueusement le propriétaire "Carlino", nom que lui donnait sa famille d'origine italienne et qui résonnait souvent dans le coin.... Ce commerce situé au fond d'une jolie cour avec tonnelle a "tenu" jusque dans les années soixante.

Clotilde a bien connu les deux familles qui possédaient les fiacres et leurs chevaux, les Bellon et les Baldelli. Les enfants de la rue étaient fascinés par ces ancêtres des taxis, qui étaient remisés le soir au fond de "la cour", et par les animaux qui les tractaient en ville. Pendant la seconde guerre mondiale, les vélos-taxis les remplacèrent, et après la guerre les taxis devinrent des automobiles. Des générations de Bellon, propriétaires de ces diverses formes de véhicules-taxis, ont ainsi suivi l'évolution des techniques au fil des ans.

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Jusqu'à la fin des années 50 avait lieu chaque automne le pressage du raisin: les habitants du quartier envahissaient "la cour" pour faire leur vin en plein air! Les grappes étaient achetées entre autre dans le Var, et acheminées jusqu'au centre de "la cour" par des charrettes à bras (appelées à Nice charetons): on sortait des caves les pressoirs (cet instrument était ici connu sous son nom italien de 'torchio') et le travail collectif fournissait l'occasion de chanter et de plaisanter. Le vin, réservé à la consommation familiale, était ensuite remisé dans des tonneaux, au fond des caves.

 

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Il faut dire que "la cour" était un véritable "forum" local, lieu de rencontre et de réunion, fréquenté tant par les anciens que par les jeunes du quartier. Aux beaux jours l'on sortait les chaises de paille, à la fraîche, et la cour retentissait de discussions sans fin, voire de commérages.... Clotilde garde en mémoire quelques patronymes des habitants de la rue Colonel Musso et du quartier, Péroni, Rubini, Méarelli, Menicchini, Bedini, Vantaggi, etc... nés à Nice de parents immigrés d'Italie avant la guerre de 14. Fiers d'être français, ils parlaient le niçois dans leur quartier et à la maison, et certains anciens s'exprimaient encore dans un mélange savoureux de français-niçois-italien. En effet de nombreux transalpins avaient quitté leur terre natale -et en particulier la région de Città di Castello, dans la province de Perugia- pour venir travailler à Nice, souvent dans le secteur du bâtiment, et bon nombre avaient trouvé dans la rue Colonel Musso et ses environs l'accueil des parents et amis qui les y avaient précédés.

 

janvier 084.jpgAlors, question d'importance capitale: pourquoi ce nom de rue "colonel Musso" ? En dépit de nos recherches minutieuses (tant sur le terrain qu'aux archives municipales et départementales, en mairie, dans divers ouvrages historiques, etc...), nous n'avons déniché aucun élément vérifié. On peut supposer que le propriétaire de terrains maisons de la ruelle était un certain colonel Musso.

Qui était-il ? Nous avons multiplié les investigations, y compris à l'extérieur de Nice: à Paris, le Ministère de la Guerre affirme que le colonel Musso a un lien avec un épisode de l'histoire d'Espagne.... Il se serait illustré durant la campagne d'Espagne de 1823, menée par notre bon roi Louis XVIII.

Rappelons que le roi Ferdinand VII d'Espagne, retiré à Aranjuez suite à un soulèvement populaire des libéraux contre la monarchie espagnole, avait fait appel à la Sainte Alliance, dont la France faisait partie. Ainsi la France participa-t-elle à la restauration de l'absolutisme en Espagne, avec la Monarchie absolue des Bourbons.

 

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Pour conclure sur le "nom de ma rue", Clotilde nous apporte une précision essentielle:

Entre les deux guerres fut "ouvert" (et goudronné) le haut du boulevard François Grosso (d'abord appelé Boulevard Carlone). Ce fut l'occasion pour notre rue de prendre le nom de Colonel Musso. En effet, auparavant, elle n'était que la continuation de la rue des Potiers (qui plus tard "sortira" sur la rue Caffarelli): ainsi la rue des Potiers partait de la rue de France au sud, remontait vers le nord parallèlement au boulevard François Grosso, tournait dans "notre rue" et se terminait à la placette, le tout sous le même nom ! Lors de l'ouverture du boulevard principal voisin, la petite voie qui nous intéresse aujourd'hui a donc été dissociée de la rue des Potiers pour adopter définitivement son nom actuel de rue Colonel Musso!

Zacharie